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(hilda) bring me to life

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Nioclás Dwyer
fondateurhello from the other side
○ messages : 100
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MessageSujet: (hilda) bring me to life Dim 24 Jan - 23:58

bring me to life
I'M HOLDING ON YOUR ROPE GOT ME TEN FEET OFF THE GROUND AND I'M HEARING WHAT YOU SAY BUT I JUST CAN'T MAKE A SOUND YOU TELL ME THAT YOU NEED ME. THEN YOU GO AND CUT ME DOWN BUT WAIT... YOU TELL ME THAT YOU'RE SORRY DIDN'T THINK I'D TURN AROUND AND SAY.. THAT IT'S TOO LATE TO APOLOGIZE, IT'S TOO LATE

Il ne sait plus. Les années sans sa fille. Cette impression que le temps est en suspens. Il ne sait plus avancer, les pas qui se font vacillants, les pas qui se font instables. Trois ans. Trois ans sans qu’il ne se rende sur la tombe pour pleurer, pour laisser entendre les excuses qu’il garde au fond du crâne. La faute qu’il met sur lui. Un autre qui a réussi à se faire passer pour quelqu’un de la famille qui se rendait à l’école pour la prendre. Ce n’était pas le cas. Un malade. Ce malade.
Les poings qui se percutent avec force contre le sac, le souffle fort qui se fait entendre alors que les coups se font plus rapides. Ce besoin de sortir cette foutue violence qui le ronge, qui le rend fou depuis la disparition de sa petite princesse.
Un coup.
Un autre.
Le souffle qui se fait instable et quelques pas en arrière. Il ne sait plus depuis combien de temps il se trouve ici. Ce besoin de se défouler, de frapper, de briser.
Il se dirige vers la salle du fond, file sous la douche, fil sur l’eau. La main qui se pose sur le mur, les larmes silencieuses qui se mêlent à l’eau. Les images du malade, du fou qu’il se doit de trouver, de briser, de tuer. Ce besoin de se venger. Le seul sentiment qui le tient encore envie. Le mauvais chemin qu’il a pris.

Le vent froid qui mord la peau et le manteau qui referme sur les épaules. Le chemin de la demeure qu’il prend à pied. Le village est petit, il ne ressent pas le besoin d’avoir une voiture surtout que son appartement se trouve dans le centre-ville.
Le cœur qui se serre alors qu’il passe devant l’église, qu’il laisse ses billes sombres se glisser sur la pierre de sa fille. L’espoir qu’elle ne soit pas morte. Comme les autres, comme ceux qui se revenus. Le corps jamais retrouvé.
Il s’arrête, devant la porte ouverte qui mène au cimetière. Le courage qu’il n’a jamais pu trouver d’y mettre le pied.
Le temps qui arrête de filer, la pluie fine qui vient s’écraser sur la peau, se perdre dans la chevelure et la barbe plus longue qui orne le visage. Les phalanges qui s’enfoncent au fond des poches, les pas qu’il s’apprête à reprendre, mais pas dans la direction du cimetière. Le foutu courage qu’il ne trouve pas. S’y rendre c’est d’avouer qu’elle n’est plus là.

Un pas. Il tourne et s’enfonce entre les tombes. Le cœur qui s’emporte, la pluie fine qui s’enfonce dans la peau, qui trempe doucement les vêtements. Peu importe.
Il s’approche, craintif. Il ne peut pas. Il ne peut pas accepter qu’elle ne soit plus là. Elle n’est pas morte, elle est quelque part et il va mettre la main sur elle. Crever ce foutu malade.
Un pas de plus, les doigts qui caressent la tombe, les doigts qui filent sur la roche froide et la main qui retrouve le fond des poches. « Je suis désolé princesse.» La faute qu’il met sur lui, il aurait dû être là pour la protéger, pour veiller sur elle. Il aurait dû être là.
La vie qui le camp. L’ex-femme qu’il n’a pas vue depuis deux ans. Il n’ose pas la confronter. Il sait qu’il n’a pas fait les choses de la bonne façon, il sait qu’il l’a abandonné. Il n’a pas eu le courage de se battre, pas le courage d’affronter.

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there's a part i can't tell, about the dark i know well. I don't scream though I know it's wrong. I just play along. I lie there and breathe. Lie there and breathe. I wanna be strong.  byfantasy
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Hilda Thewlis
membrehello from the other side
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MessageSujet: Re: (hilda) bring me to life Lun 25 Jan - 11:36

bring me to life
I'M HOLDING ON YOUR ROPE GOT ME TEN FEET OFF THE GROUND AND I'M HEARING WHAT YOU SAY BUT I JUST CAN'T MAKE A SOUND YOU TELL ME THAT YOU NEED ME. THEN YOU GO AND CUT ME DOWN BUT WAIT... YOU TELL ME THAT YOU'RE SORRY DIDN'T THINK I'D TURN AROUND AND SAY.. THAT IT'S TOO LATE TO APOLOGIZE, IT'S TOO LATE.

Les mots de velours glissent sur le vieux papier. Comme de douces paroles foudroyées, elle laisse ses idées noires s'évader sous sa plume. Comme des tâches sombres, comme des rêves d'ombres, elle esquisse le portrait de sa vie. Ce besoin d'écrire pour oublier. Ce besoin d'inventer pour guérir. Pour aller de l'avant, qu'elle disait. Et tandis que ses mots s'échappaient peu à peu de son esprit meurtri, d'autres prenaient le dessus. Plus mauvais encore, elle se laissait presque rongeait par ses plaies. Ses blessures qui couvraient son corps, qui assassinaient son esprit. Elle se battait. C'était une lutte acharnée entre elle et eux. Eux, les autres. Eux, les souvenirs enfuis. Trois années déjà qu'elle sombrait entre les murs d'une nouvelle vie. Une vie d'éternelle solitude. Une vie de perpétuelle amertume. Tout n'était qu'une toile joliment dessinée. Une toile qui recouvrait la réalité. Sombre réalité, triste réalité. Elle avait tout perdu.
Lui, le mari aimant.
Elle, l'enfant chérie.
Elle avait tout perdu. Et elle aussi, elle s'était perdue. Fût un temps. Mais aujourd'hui c'en était fini. Aujourd'hui, elle allait de l'avant. Pour elle. Pour ne pas être dévastée. Et comme chaque semaine, il y avait le bruit de ses pas qui frôlaient les rues du village. Ce village dans lequel elle avait placé tant d'espoir. L'espoir d'une vie heureuse, à deux. À trois. Et désormais, plus que le désespoir d'une vie malheureuse. À deux d'abord. Puis seule. Parce qu'elle l'avait perdu, lui aussi. Deux années déjà que son cœur s'était déchiré. Deux années déjà qu'ils s'étaient séparés. Cela, elle ne l'avait pas oublié. Elle ne pouvait pas l'oublier.
Devant ses yeux irrités, le haut portail noir du cimetière se dessina. Elle s'arrêta quelques instants. L'église était plus horrible encore que dans ses souvenirs. À chacune de ses visites, le néant de sa poitrine s'agrandissait un peu plus encore. Mais elle comprenait. Mais elle acceptait. Elle avait perdu ce qu'elle avait eu de plus beaux au monde ; monde éphémère, monde amer. Un monde infâme, un monde injuste. Mais à elle, son cœur battait toujours. Et pour elle, elle continuait sa sinistre route.
Lentement, ses doigts allèrent caresser le fer. Elle laissa son regard s'accrocher au sol. Elle avait tant de fois foulé ces terres et pourtant, chaque visite ressemblait étrangement à la première. Il y avait toujours cette douleur au creux des seins. Il y avait toujours cette souffrance au creux des reins. Ce vide immense que jamais plus quelqu'un ne remplirait.
Pas même lui.
Lui et son horrible silhouette, qui se dessinait devant elle. Lui et son horrible parfum de dégoût, de rancœur et de mépris. Elle l'avait aimée à s'en arracher le cœur. Elle le détestait à en périr, aujourd'hui. Elle se glissa derrière lui. Le besoin de le frapper, de se venger la hantait. Il fallait qu'elle lui crache son amertume au visage. L'amertume d'une mère volée. Mais il était si pathétique à voir. Avec son cœur mort et son corps brisé. Elle avait presque envie de faire demi-tour, de rentrer s'enfermer entre ses quatre murs. D'oublier, de tout oublier. Mais il était là. Devant elle. Devant la tombe de son enfant chérie. « Je suis désolé princesse. » qu'il lui dit. Elle eut envie de le briser, lui aussi. Il ne pouvait pas, il n'avait pas le droit. Il l'avait abandonnée. Sa belle femme. Il l'avait abandonnée alors qu'elle avait besoin de lui. Il l'avait trahie. Souillée. Elle le détestait autant qu'elle l'avait aimée, oui. « C'est trop tard pour être désolé. » dit-elle, à haute voix.
Elle avait gardé une certaine distance, entre eux. Pour ne pas sombrer dans ses bras. Pour ne pas sombrer vers le bas.
 
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Nioclás Dwyer
fondateurhello from the other side
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MessageSujet: Re: (hilda) bring me to life Lun 25 Jan - 21:15

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Le coup de poignard au fond du cœur, le mal de se rendre dans cet endroit. Foutue tombe qu’il n’a jamais osé confronter, cette réalité qu’il ne veut pas s’avouer. La perte de sa fille qu’il ne sait pas assumer, que les idées qu’elle est quelque part. L’espoir qui se fait trop présent alors qu’ils se sont échappés, qu’ils reviennent des années éclipser. Cet espoir qu’il finira par mettre la main sur elle, par l’arracher de cet enfer. Que des illusions, parce que la piste n’est pas bonne, parce qu’il ne cherche pas de la bonne façon.
Le regard qui confronte la pierre froide et le cœur déviant qui s’emporte dans un rythme indécent. Le tambour de son cœur qui ne sait plus battre correctement, que l’obsession pour guider les pas, que la folie pour se glisser dans les veines.

« C'est trop tard pour être désolé. » Le cœur qui s’emporte un peu plus, le tambour qui se fait entendre au fond du torse. La voix qu’il sait reconnaître, la mélodie qu’il a pu entendre pendant des années. Ce n’est plus le cas. Que le silence oppressant de son appartement, que le vide étouffant et la pièce condamnée. Le regard qu’il n’ose pas détourner, le nom gravé dans la pierre, les années de vie trop courte pour la princesse tant aimée.
Il n’ose pas se retourner, contempler le froid dans les prunelles de son ex-femme. Admirer le regard, les billes ombragées par les années difficiles, par la peine dont ils ne pourront jamais réellement se détacher. La voix qui se fait vengeresse et il sait que les mots sont mérités, il sait que l’amertume est agilement ancrée au fond du cœur. Il ne peut que lui donner raison. Le vide. L’absence entre les murs et que les traces qu’il crevait de retrouver, que les mois pour filer sans être à ses côtés.
La symphonie au fond du torse, cette musique de douleur qui se fait entendre et cette peur de la confronter. Il a envie de répondre, mais il sait que les mots ne feront qu’empirer, que blesser un peu plus.

Le regard qu’il finit par détourner, le corps qui se tourne pour se plonger dans ses yeux. Un an. Un an sans voir les traits parfaits du visage, sans pouvoir goûter à la saveur des lèvres. Il se doute de la haine qu’elle ressent, de la rancune qu’elle doit lui porter. Le mari absent. Le mari déviant. Incapable de lui tendre une main, de la garder au creux des bras pour la consoler. Que le vide pour se faire sentir.
Un soupir et la main qui file contre le visage. Tant de choses qu’il aimerait lui dire, mais rien qui ne semble avoir envie de franchir la barrière des lèvres. Un pas. Il se détache de la pierre pour s’approcher d’elle. « Ce n’est pas trop tard. Il n’y a rien dans cette tombe Hilda. Que du vide. Que du vent.» La rage qui se fait sentir au fond de la voix. « C’est mieux d’abandonner l’idée de la retrouver. On n’a pas la moindre idée, elle attend quelque part, elle a peur. Tu préfères quoi?» Le sarcasme, c’est plus fort que lui. Ça le rend fou. Sans elle. Sans elles.


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Hilda Thewlis
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MessageSujet: Re: (hilda) bring me to life Mar 26 Jan - 10:01

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Elle tremblait. Elle tremblait de rage, elle tremblait de haine. Elle tremblait de colère et de misère. Il y avait des années qu'elle ne l'avait pas vu. Une éternité qui lui semblait injuste. Une éternité qui, pourtant, lui semblait mérité. Il les avait abandonnés, homme de démence qu'il était. Il avait abandonné sa fille et avait saccagé sa mémoire par sa folie. Par son esprit meurtri. Et pour ça, elle le haïssait du plus profond de son âme. Pour ça, elle ne lui pardonnerait jamais. Il y avait de la rancœur dans sa voix. Il y avait de l'amertume dans son regard. Elle aurait aimé partir loin d'ici. Fuir le cimetière et ses éternels habitants. Elle aurait aimé partir loin d'ici, de Youghal et de ses enfants éphémères. Mais elle ne pouvait pas. Elle n'avait pas la force de tout oublier. Elle aussi.
Elle détacha son regard de sa silhouette. Elle ne voulait pas croiser son regard, même s'il cessait de lui tourner le dos. Elle ne voulait pas voir ce qu'il y avait en lui. Toute cette laideur, toute cette folie. Que de vitres brisées dans ce corps déjà mort. Elle le détestait plus que jamais. Le silence s'était installé. Sombre mélodie qui faisait écho aux battements de leurs cœurs. Forts. Agonisants. Mais vivants. Il s'était approché d'elle. Elle, triste demoiselle immobile. Elle était incapable de bouger. Incapable de réagir, comme si son amour de toujours n'était qu'un revenant dans son esprit. Esprit de de folie, à elle aussi. Mais c'était une folie toute autre. Une douce folie, une belle démence.
Lui, en revanche, n'était plus que l'ombre de lui-même. Une sinistre agonie et rien de plus. Il en crèverait, de sa douleur. De cette souffrance et de ces malheurs. Il se tuerait, si elle ne s'en chargeait pas d'abord. « Ce n’est pas trop tard. Il n’y a rien dans cette tombe Hilda. Que du vide. Que du vent. » Son visage se déforma en une horrible grimace. Tout en elle était empli de rage, de colère. D'incompréhension. Tout n'était que questions sans réponse. « C’est mieux d’abandonner l’idée de la retrouver. On n’a pas la moindre idée, elle attend quelque part, elle a peur. Tu préfères quoi ? » Elle se retourna, détacha son regard de lui. Malgré les années, il n'avait pas changé. Trois ans déjà qu'elle les avait quittés, leur poupée chérie. Trois ans et il n'avait pas changé. Trois ans. C'était trop pour elle.
Elle sentit sa gorge se serrer, ses poings également. Folle de rage, c'était tout ce qu'elle était. Ses yeux étaient irrités. Brûlants. Par le dégoût, par la tristesse. Par la colère. « Elle attend quelque part ? Comment oses-tu ? Tu n'as pas changé. » Elle ancra son regard dans le sien. Perdue, agonisante devant lui, elle le montra du doigt. « Tu me dégoûtes, Nioclás. T'as pas le droit de me faire ça. » Elle avait presque murmuré, pour ne pas le blesser davantage. Pour ne pas le faire souffrir plus qu'il ne souffrait déjà.  
Mais c'était trop pour elle. Le revoir, lui. Son amour de toujours. Ici. Devant la tombe de leur enfant. Elle perdait ce qu'elle avait de plus précieux au monde, une nouvelle fois encore. Elle.
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Nioclás Dwyer
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MessageSujet: Re: (hilda) bring me to life Lun 1 Fév - 22:52

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Le fantôme de douceur, les traits de la tristesse et l’amertume qu’il peut lire au fond des yeux. Le cœur brisé, le cœur éclaté et l’homme qui ne sait plus aimer, qui ne sait plus avancer. Les pieds qui s’enlisent, les pieds qui s’enfoncent dans le sol pour le retenir, pour le tuer à petit feu. La main qui retient en arrière, la main du passé qui s’enroule autour du bras pour rappeler la peine dont il ne peut se détacher.
Il aurait envie de la prendre dans ses bras, de lui dire les excuses qu’il n’a jamais pu lui offrir, qu’il n’a jamais su lui donner. Que l’absence pour les séparer, que la folie pour les tuer. Il sait les erreurs, il sait les conneries, mais il ne sait pas s’avouer, il ne sait pas accepter. La petite disparue. L’enfant perdu.

Le regard qui sonde, les prunelles qui observent les traits et le cœur qui crève à cause de la haine qu’il voit. De la rage qu’il entend dans le fond de la voix. « Elle attend quelque part ? Comment oses-tu ? Tu n'as pas changé. » Le cœur qui éclate, la rage dans la voix qu’il a du mal à entendre. Elle tourne le dos. Leur passé commun dont ils ne se souviennent plus. Que la douleur qui l’anime lui, que la perte qui le ronge. Cette vengeance qu’il devrait oublier, qu’elle dont il aurait dû s’occuper.
Elle a raison. Il n’a pas changé. Le passé dont il ne sait se défaire, que la colère pour l’animer, que la peine pour le tuer. La piste mauvaise. La fille quelque part. Le corps qu’il doit retrouver pour arriver à tourner la page. Les criminels qu’il déteste, les coups qu’il donne sans se contrôler. Plus l’homme qu’il a été par le passé. Qu’un fantôme qui, qu’une ombre.

« Tu me dégoûtes, Nioclás. T'as pas le droit de me faire ça. » La mâchoire qui se contracte alors que la rage se fait sentir à son tour, cette envie de lui faire comprendre, cette envie de faire entendre le fond de sa penser. Il ne peut pas pourtant. Il ne peut pas la briser un peu plus. Il ne peut pas lui faire.
Les mots qui blessent. Les mots douloureux. Les mots qui se percutent à la caboche, qui font battre le cœur inexistant. Les muscles qui se contractent. La rage dans le fond du cœur. Il ne peut pas s’emporter, pas avec elle, pas ici. Il n’est pourtant que folie. Que la violence qui tend les muscles. « Tu n’as pas le droit d’abandonner. De te contenter d’un foutu cercueil vide Hilda. Du vent. Comment peux-tu te contenter de rien, d’air? Je ne serai pas calme avant de savoir, avant de trouver, d’avoir la réponse et de pouvoir savoir ce qui est réellement arrivé.» C’est plus fort que lui. La pensée qu’il balance au visage. Il ne peut pas rester à entendre les mots, à entendre la rage sans parler. « Tu n’es pas mieux que moi.» Le souffle. La peine. Rien qui ne s’efface et le temps qui n’aide pas.

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Hilda Thewlis
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MessageSujet: Re: (hilda) bring me to life Mar 2 Fév - 18:55

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Elle avait envie de s'approcher. Elle avait envie de caresser sa joue. De l'effleurer de sa main tremblante. De plonger son regard dans son visage glacé. Elle avait envie de le frapper. Avec violence, avec haine. Avec rancœur tandis que des pleurs s'échapperaient de son corps meurtri. De son corps ravagé par ce dégoût, par cette misère dans lesquels il les plongeait. Tous les deux. Une falaise au bord de laquelle il ne cessait de la pousser. Elle, la femme qu'il avait tant aimé. Mais il n'avait pas changé. Il était toujours l'homme qu'elle avait laissé derrière elle. Un dernier regard et elle l'avait abandonné. Sans même se retourner. Sans même s'égarer.

Elle l'avait abandonné pour oublier la colère, la misère. Pour oublier leur fille éphémère. Elle l'avait abandonné au nom de leur enfant. À cause de sa démence. Lui et ses discours maudits. « Tu n’as pas le droit d’abandonner. De te contenter d’un foutu cercueil vide Hilda. Du vent. Comment peux-tu te contenter de rien, d’air ? Je ne serai pas calme avant de savoir, avant de trouver, d’avoir la réponse et de pouvoir savoir ce qui est réellement arrivé. » Elle ferma les yeux quelques secondes. Trop de souvenirs ressurgissaient en elle. Les épreuves du passé qu'elle avait tenté d'enterrer. En vain. Les cris, les blessures, les plaies jamais guéries qu'il y avait eu au sein de leur famille. À cause de sa folie. Encore et toujours. « Tu n’es pas mieux que moi. » Elle releva la tête. Planta son regard dans le sien. Il y avait toujours ses yeux bruns. D'une couleur profonde. Presque noirs. Emplis de détresse. Emplis de misère.
Elle fit un pas vers lui. Elle n'était plus qu'à quelques centimètres de son visage. Ce visage à côté du quel elle s'était tant de fois réveillée. Ce visage qu'elle avait tant de fois admiré. Ce visage qu'elle n'oublierait jamais. Sa main alla le caresser. Avec violence. Avec haine. Avec tous les sentiments qu'il faisait ressurgir en elle. Le dégoût. La colère. La passion. La folie meurtrière. Elle le gifla de toutes ses forces. « Je t'interdis de m'infliger ça une deuxième fois. » Elle recula une fois encore, lui tourna le dos. Ses bras se levèrent vers le ciel, comme pour implorer quelqu'un de l'aider. Une aide précieuse pour faire ouvrir les yeux à cet être ignoble qui était à côté d'elle. Un aveuglé. Un illuminé. Un fou furieux. « T'es malade, Nioclás. Qu'est-ce qu'il te faut pour comprendre qu'elle est partie pour de bon ? Qu'elle est morte ? Tu veux qu'on creuse, qu'on déterre son cercueil, qu'on l'ouvre ? Tu veux voir son cadavre, c'est ça ? » Elle laissa l'émotion l'envahir de nouveau. Cette discussion, ces disputes et ces cris, ils les avaient tant de fois vécu. C'était les souvenirs du passé qui ressurgissaient, c'était le présent qui côtoyait le passé. C'était un véritable retour en arrière. Comme si rien n'avait changé.
Comme si lui n'avait pas changé. Comme s'il ne changerait jamais, malgré les années. Malgré les souvenirs. Il était toujours hanté par la dépouille de sa fille, lui. Et elle, triste mère meurtrie qu'elle avait été. Elle avait su aller de l'avant. Elle voulait aller de l'avant. Avancer malgré la douleur au creux de ses seins. Avancer malgré les obstacles que lui infligeait cet être immonde. Ce mari infâme qu'il avait été. Elle le méprisait pour toutes les souffrances qu'il continuait à lui causer. Tout était de sa faute. Tout était survenu à cause de lui. Nioclás.
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