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(saíréann) alive

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Kelaan Ahearn
fondateurhello from the other side
○ messages : 311
○ inscription : 17/01/2016

MessageSujet: (saíréann) alive Sam 23 Jan - 22:47

alive
i was born in a thunderstorm. i grew up overnight. i played alone. i'm playing on my own. i survived. i wanted everything i never had. like the love that comes with light. i wore envy and I hated that but I survived.

Le souffle qui vacille alors qu’il quitte la salle. Il ne supporte plus. Il n’a pas la moindre idée de ce qu’il pourrait faire de plus pour la sortir de cet endroit, de cet enfer. Il ne compte plus les années, il ne sait plus le temps qui passe depuis leur enfermement, depuis qu’ils sont coupés du monde. Il déteste la voir ici. Le temps qui file, le visage qui change, le corps qui prend des formes. La folie qui se glisse au fond du crâne, il ne sait pas, il ne peut pas. Elle qui se rapproche de lui, elle qui se glisse au fond des bras pour qu’il la rassure. Kelaan, il ne sait pas ce qu’il doit faire pour sortir sa petite perle de son enfer, de ce monde qu’il méprise, qui est en train de le rendre fou. Quelques idées qui s’imposent, mais il ne peut pas, il ne peut pas s’allier au fou, il ne peut pas s’allier à ce malade. C’est pourtant la seule chose qui lui vient en tête. Gagner la confiance pour la sortir de là, pour respirer l’air frais.
La nuit qui tombe, mais la capacité de savoir les jours qu’il n’a plus. Les fenêtres qui ne s’imposent pas aux murs, le dehors qu’il ne se souvient pas vraiment. Ce n’est pas facile de compter les jours lorsqu’ils ne peuvent pas voir les couchers de soleil.

Les pas qui s’incrustent dans le sol alors qu’il laisse ses doigts filer dans la chevelure sale, dans la chevelure en désordre. Des semblants de lit qui ornent le sol, des matelas usés et inconfortables. Un sous-sol, une salle de bain, quelques pièces sans porte. Rien pour servir d’arme. Kelaan, il n’arrive pas à trouver le sommeil. Les idées qui se percutent au fond du crâne, les idées qui ne sont pas claires, mais qui prennent lentement place. Il ne sait pas ce qu’il pourrait faire d’autre, la seule solution qui vient au fond du crâne.
Les pas dans le sol, la ligne qu’il dessine sans arrête. Les autres qui tentent de dormir, mais lui qui est incapable de trouver le repos. Il n’a pas la moindre idée depuis combien de temps il ne dort pas, depuis combien de temps il n’arrive pas à dormir plus de deux heures. Veiller sur elle. La garder près de lui lorsque le scientifique vient choisir une prochaine victime.
Elle n’est plus la même. Plus la gamine. Plus l’enfant qu’il avait pu rencontrer pour la première fois. Le souffle qui passe entre les lèvres alors qu’il s’approche d’un mur pour y poser la tête. Il ne sait plus ce qu’il doit penser. Cette impression que cette idée lui coutera la confiance de sa sœur, mais rien d’autre pour lui venir en aide. Le front qui se pose contre le mur froid et son poing qui s’écrase dans le mur. La douleur qui se percute au bras, la douleur qui se percute contre les os de la jointure. Le carmin aux phalanges. Le carmin qui file contre la main alors qu’il ne bouge pas. Le souffle qui s’emporte. Qu’il trouve une situation. Qu’il trouve une solution.

Le calme qu’il finit par reprendre en partie et vers le coin qu’il partage avec sa sœur qu’il se dirige. La main douloureuse, mais ça ne l’importe pas. Un pas de plus et la voix de sa sœur qui se fait entendre, une panique qui le prend au cœur alors qu’il s’approche de matelas. L’odeur de crasse qui empeste. Le sous-sol qui dégoute, qui dérange.
Il s’approche d’elle, se pose sur le bord du lit pour laisser ses doigts filer dans la chevelure blonde, pour laisser la pulpe caresser le visage. Le prénom qu’il murmure pour qu’elle entende la voix, pour qu’elle ouvre les yeux. Elle est belle. Il ne peut pas, il ne peut pas avoir le droit d’être attiré par elle. Le dégout qui ronge le corps, le dégout dont il ne peut se défaire. La main qu’il retire. Il ne peut pas la toucher. Il ne peut pas s’approcher. C’est étrange, les sensations qui prennent place en lui, les sensations dérangeantes. Il attend qu’elle ouvre les yeux. Il devrait s’enfuir. Ça serait plus simple.

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Hello, it's me. i was wondering if after all these years you'd like to meet, to go over everything. they say that time's supposed to heal but I ain't done much healing. hello, can you hear me? i'm in California dreaming about who we used to be. byfantasy
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Saíréann Ahearn
fondatricehello from the other side
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MessageSujet: Re: (saíréann) alive Dim 24 Jan - 11:46

Now I feel a cold decay crawling over me
Se lever, prendre son petit déjeuner, aller à l’école, rentrer chez soi. Tout ça Saíréann ne s’en souvient plus. Au début, ils ont tenté de compter les jours mais comment faire quand le soleil ne se montre jamais ? Impossible d’avoir la notion du temps. Quel âge a-t-elle aujourd’hui ? La demoiselle n’en a aucune idée. Elle a grandi, c’est évident. Son corps a changé, elle n’est plus cette petite fille qui jouait avec son frère dans les rues de son village. Elle est une adolescente, peut-être même une adulte, enfermée dans un sous sol humide, tyrannisée par un malade. Un dingue qui se sert d’enfants pour des expériences. Elle ne sait pas vraiment à quoi ça peut le mener mais il semble sûr de lui. La douleur ne la quitte plus jamais. Sur la table d’opération ou sur ce matelas surement moisi, elle a l’impression que son corps ne cesse de souffrir. Une douleur sourde, prenante. Impossible à effacer. Et l’ennui n’aide pas. Ils n’ont presque rien pour s’occuper. L’endroit délabré qui leur sert d’abris n’offre aucun loisir. Avec des cailloux, la demoiselle a créé un jeu de dames. Le quadrillage dessiné à même le sol, ils parviennent à se détendre le temps d’une partie. Sa chambre lui manque. Ses jouets aussi. Elle n’est plus une gamine, elle le sait. Mais elle n’avait jamais été une enfant gâtée avant son adoption et cette chambre offerte par ses nouveaux parents avait été un paradis. Elle aimerait tellement la retrouver. Serrer de nouveau ses peluches rassurantes et dormir dans un lit aux draps propres. Aujourd’hui tout ce qu’elle peut serrer est un vulgaire oreiller difforme. Pourtant, elle l’aime cet oreiller. Saíréann se sent ridicule d’être attachée à cet objet mais ici bas, elle n’a rien d’autre. Ça, et son frère.

Souvent elle se demande ce qu’aurait été sa vie si son Kelaan et elle n’avaient jamais croisé le chemin de ce dingue. Allongée sur son lit de fortune et son oreiller dans les bras, Saíréann imagine sa vie. Elle se voit sourire. Avec lui. Ils sont heureux. A chaque fois que le sommeil la prend, elle pense fort à une scène de bonheur espérant pouvoir en rêver. Mais ça ne se passe jamais comme prévu. Dès qu’elle ferme les yeux, les méandres de ses songes finissent par l’emporter bien loin du bonheur qu’elle aimerait goûter. Ses scènes de tendresse se transforment en instants de terreur. Il revient toujours les chercher pour les emmener avec lui. Alors Saíréann a peur. Elle déteste dormir mais son corps affaibli ne lui laisse jamais le choix. Pourtant elle lutte. Dès qu’elle peut elle parle avec son frère, elle tente de se changer les idées mais tout est compliqué enfermée ici. Ils sont tous dans la même situation. Perdus, paniqués. S’entraider devient difficile. Kelaan est fort. Il l’impressionne. Toujours là pour elle malgré les épreuves, jamais il ne l’a abandonnée. S’il n’avait pas été avec elle, Saíréann serait sûrement déjà morte. Elle n’a pas son caractère fort. Plutôt soumise et douce à cause de son passé, il joue le rôle du pilier. Elle lui doit la vie, elle le sait. Ils n’ont pas le même sang mais un lien indescriptible et surtout incassable s’est construit entre eux. Pourtant rien ne laissait présager une telle entente. Si différents au début, ils ont fini par s’apprivoiser mutuellement. Il est tout pour elle. Et vice versa.

Encore une nuit difficile. Ou peut-être est-ce un jour. Au fond, Saíréann ne sait pas quelle heure il est. Perdue dans un nouveau cauchemar, elle tente de s’en sortir. La panique la dévore. Le fou est là, prêt à la torturer de nouveau. Comme dans la réalité, elle n’a aucune échappatoire. Kelaan n’est pas là. Ses yeux balayent cette pièce atroce avant de tomber sur lui. Allongé par terre. Faiblement elle l’appelle mais aucun mouvement de sa part. Pourtant elle entend sa voix, son prénom. « il n’a pas survécu à la dernière opération » annonce une voix désagréable qu’elle connaît trop bien. Tout son corps se crispe et les larmes viennent humidifier ses joues. « non, non, non. » Après une lutte qui lui semble interminable, ses yeux finissent par s’ouvrir et se poser sur lui. Lui qui est près d’elle. Lui qui la regarde. Lui qui n’est pas mort. Sans réfléchir, elle se redresse rapidement et le serre contre elle. Son visage tout contre son cou, Saíréann respire longuement son odeur. Il sent bon. Malgré la saleté. Elle adore son odeur qui l’apaise directement. « T’es là… » murmure-t-elle en larmes tout en le serrant fortement. Il est son ancre. Son rocher. « J’ai… j’en ai marre de faire des cauchemars Kelaan. » Impossible de le lâcher, ses bras son fortement accrochés à lui. « C’est si réel… » Malgré elle, les images de son corps inertes reviennent hanter son esprit une nouvelle fois causant un sanglot impossible à réprimer. Combien de fois devra-t-elle vivre la mort de son frère lorsqu’elle ferme les yeux ? Saíréann voudrait arrêter de souffrir. Juste un instant. Et là, contre lui, elle y parvient au moins un peu.
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Kelaan Ahearn
fondateurhello from the other side
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MessageSujet: Re: (saíréann) alive Dim 24 Jan - 22:30

alive
i was born in a thunderstorm. i grew up overnight. i played alone. i'm playing on my own. i survived. i wanted everything i never had. like the love that comes with light. i wore envy and I hated that but I survived.

Le corps qu’il attrape, les doigts qui laissent passer dans la chevelure dorée pour rassurer. Il ne sait pas comment faire autrement. Ça serait plus simple de ne pas s’approcher d’elle, le corps qu’il détaille un moment avant de détourner les billes sombres. Il se déteste. Lui et cette attirance qu’il ne devrait pas ressentir. Pas le même sang, mais la même famille. Sa sœur. Il ne peut pas crever d’elle. Il ne peut pas être attiré par elle. C’est mal. Ce n’est pas saint.
Elle sursaute, il voit les soupçons de larme perler sur les joues. La douleur à la main qui ne cesse de se faire sentir, de lui remonter le long du bras. Cette foutue sensation de se sentir impuissant, incapable de lui venir en aide. La faute qu’il prend, leur vie foutue. Il aurait préféré autre chose pour elle. Pas ça. Pas cet enfer dont ils ne peuvent se défaire. Le temps qui passe trop lentement, le temps qu’il ne sait plus compter. La crasse sur le sol, les matelas garnis de moisissure et les corps brisés par les marques, par la lame qui ronge la peau. Le sien qui n’en est pas exempt.

Elle sursaute, les yeux de la blonde qui papillonne et le regard qu’il porte sur les traits tordus par la peur. Ce n’est pas la première fois qu’elle se réveille au beau milieu de la nuit, ce n’est pas la première fois qu’il reste près d’elle pour calmer les cauchemars.
Le corps qui se retrouve contre le torse et les mains qu’il pose au dos. Le souffle dans le cou qui fait tendre la moindre parcelle des muscles, les frissons qui passent sur la peau et ce dégout qui roule à la langue. Cette attirance le dérange. Les sentiments le dérangent. Il ne devrait pas ressentir ça pour elle. Surtout pas pour elle. L’envie de la repousser qui le prend, mais il ne peut pas, il ne peut pas refuser de la consoler, de la calmer. La paume au dos qui commence une caresse apaisante, la main qui monte de haut en bas. Le palpitant au fond du torse qui bat à tout rompre, mais le visage qu’il tente de garder impassible. C’est plus simple. C’est plus saint.

« T’es là… » Le souffle de la blonde qui ne cesse de se percuter contre la peau du cou et la main douloureuse qu’il serre pour accentuer le mal. Pour ne plus ressentir, pour ne plus crever d’envie d’elle encore plus. « Je ne vais allez nulle part. Je suis là pour toi. Je ne compte pas te quitter. Je vais nous sortir de là.» Il y croit. Depuis des semaines qu’il tente de faire des plans, de trouver un moyen de foutre le camp. Il ne peut pas. Il ne peut pas s’allier au fou, mais c’est le seul moyen qui lui vient en tête, la seule façon de pouvoir ouvrir les portes vers la sortie. Il ne voit rien d’autre. Rien. « J’ai… j’en ai marre de faire des cauchemars Kelaan. » Les phalanges qui remontent dans le dos pour se perdre dans la chevelure un moment. Pour la calmer. Les doigts qui s’y perdent et le poing de l’autre main qu’il ne relâche pas. La douleur qui l’accroche à la réalité. « C’est si réel… » Le souffle qui vacille. Il a envie de la repousser, mais il n’a pas envie de devoir expliquer la raison de ses gestes. Il n’a pas envie qu’elle sente qu’il n’a pas envie de la consoler, de la prendre dans ses bras, mais c’est de pire en pire. Le temps passe et l’attirance ce fait plus étouffante. « Tu veux en parler?» Il ne sait pas quoi faire, il ne sait pas comment calmer les rêves mauvais qui se faufilent dans l’esprit de sa sœur. Kelaan, il ne sait pas faire autrement que de tenter de la faire parler, que de la serrer dans ses bras même si c’est en train de le rendre fou. « Si ça peut t’aider. Je ne sais pas quoi te dire de plus princesse.» La voix grave. Les idées qui se glissent dans l’esprit. Il ne supportera pas des semaines de plus dans cet enfer. C’est trop.

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Saíréann Ahearn
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MessageSujet: Re: (saíréann) alive Dim 24 Jan - 23:47

Now I feel a cold decay crawling over me
Être contre lui l’apaise, la rassure. Sa chaleur la berce mais impossible d’effacer ces images atroces de son esprit. Alors elle serre. Encore plus fort. Saíréann aimerait pouvoir se fondre en lui et qu’il absorbe tous ses maux. C’est égoïste elle le sait. Il supporte énormément de choses pour elle, pour essayer de changer ce quotidien dramatique. Jamais elle ne pourrait assez le remercier. Kelaan porte sur ses épaules le poids de leurs deux malheurs. La jeune femme sait qu’il se sent responsable. Malgré ses tentatives, il n’accepte pas. Ça la tue qu’il s’accable ainsi parce qu’il n’y pouvait rien. Impossible de prévoir ce que ce malade ferait. Il était fort. Et surtout mieux équipé qu’eux. Les enlever avait été un jeu d’enfant. Elle aurait aimé pouvoir résister, pouvoir lutter et ne pas se faire attraper. Au fond c’est de sa faute à elle s’ils sont là. Saíréann se souvient vaguement avoir été attrapée la première. Peut-être que si elle avait pu se débattre ils seraient libres tous les deux. Mais il est inutile de ressasser tout ça, rien ne changera leur situation. Ils sont enfermés depuis des années maintenant. Combien, elle ne sait pas, mais elle est consciente que beaucoup de temps s’est écoulé. Elle a peur. Peur de ne jamais revoir le soleil. Ni son soleil. Le sourire de Kelaan.

Ses mains s’agrippent fortement au t-shirt de son frère. Ses doigts lui font mal, son corps la démange. Tout l’insupporte sauf la sensation de l’avoir contre elle. Ses caresses dans son dos courbé, sa tendresse qui lui est réservée. La jeune femme est terrifiée à l’idée que son rêve soit prémonitoire. Si Kelaan venait à disparaître, elle n’aurait plus aucune raison de vivre. Il est celui qui la maintient sur cette terre. Elle a espoir qu’ils puissent un jour s’en sortir. Mais plus le temps passe, plus la peur la dévore, plus l’espoir s’envole.
« Je ne vais allez nulle part. Je suis là pour toi. Je ne compte pas te quitter. Je vais nous sortir de là. » Elle aimerait le croire. Oh oui, elle adorerait. Mais le fou semble avoir tout prévu. Pas d’échappatoire. Des années qu’ils sont ici, jamais une opportunité ne s’est présentée. Mais elle lui fait confiance. Il est tout pour elle. Il a toujours raison. « Je sais que tu ne me quitteras jamais volontairement… » Leur lien est trop fort. L’idée de partir sans lui serait inimaginable. Les Ahearn n’ont peut-être pas le même sang mais ils sont plus que liés.

« Tu veux en parler ? » Ses lèvres humides de larmes se pose dans le creux de son cou. Parler et revivre de nouveau la scène ne l’enchante guère mais ce qui lui plait encore moins est d’inquiéter Kelaan. Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’elle rêve de ça, pas la première fois qu’elle lui en raconte des bribes. Mais elle ne peut plus encaisser. C’est trop dur. « Si ça peut t’aider. Je ne sais pas quoi te dire de plus princesse. » Sa voix est la plus belle chose pour elle. Un mot de sa part et ses doutes s’envolent. Pour un instant. Un court instant mais c’est déjà beaucoup. Doucement, elle hoche la tête et sans se décoller de lui, elle l’attire sur le matelas, les allongeant sur le flanc. Ses yeux s’accrochent finalement à ceux si sombres de son frère. La tristesse qui y règne ne lui plait pas. Il fait le dur mais Saíréann voit au fond de son regard qu’il souffre. Pourtant, il ne dit rien, ne se plaint que très rarement. La jeune femme aimerait avoir sa force. « J’ai rêvé qu’il t’avait tué… » avoua-t-elle faiblement, la voix entrecoupée de faibles sanglots. « Retrouver ton corps sans vie… c’est ce que je redoute le plus… à chaque fois qu’il t’emmène… J’veux pas qu’il t’arrive quelque chose. J’veux pas vivre sans toi. » Saíréann préférerait passer sa vie enfermée ici à ses côtés plutôt qu’être libre dehors sans lui. C’était sûrement fou mais survivre sans Kelaan était une aberration à ses yeux. « Pourtant j’essaie de penser à des choses positives avant de dormir… mais il gâche toujours tout. » Son ton se fait plus las, elle n’en peut plus. Doucement sa main vient agripper celle de Kelaan et leurs doigts s’entrelacent. En caressant sa peau, Saíréann sent que quelque chose cloche et lorsqu’elle porte leurs mains liées près de leurs têtes enfoncées dans l’oreiller, une grimace se forme sur ses lèvres. « C’est quoi.. ? » Elle déteste les marques sur le corps de son frère. Ça n’était pas présent avant qu’elle aille se coucher, elle le sait. Chaque parcelle de sa peau, elle l’inspecte, vérifiant qu’il n’a pas d’autres blessures, et surtout que les anciennes cicatrisent bien.

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she's broken and she doesn't know how to fix herself. but she wonders if he's willing to take the broken pieces of her and hold them in his hands. she wonders if it's enough. she just has to trust that he’ll stay there, that he’ll take the fragile pieces and guard them. byfantasy
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Kelaan Ahearn
fondateurhello from the other side
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MessageSujet: Re: (saíréann) alive Lun 25 Jan - 20:47

alive
i was born in a thunderstorm. i grew up overnight. i played alone. i'm playing on my own. i survived. i wanted everything i never had. like the love that comes with light. i wore envy and I hated that but I survived.

Le corps qu’il garde contre le sien et cette envie de lui dire de le lâcher, mais il n’ose pas. Il ne peut pas. La paume qui caresse le dos, les mots qu’il laisse entendre. Il aimerait la rassurer un peu plus, la calmer un peu plus, mais rien ne semble assez bien. « Je sais que tu ne me quitteras jamais volontairement… » Elle a raison. Il ne veut pas la laisser seule, il n’oserait pas la laisser seule, mais il n’aura pas le choix. Pas le choix de jouer ce foutu jeu, c’est la seule solution qui lui vient en tête, la seule qui lui semble la plus plausible de fonctionner. « Tu as raison
Le contact le rend fou, les lèvres qui effleurent la peau du cou, les formes qu’il sent contre son torse. Cette envie de tout, cette envie de rien et les idées qu’il tente de changer pour ne pas penser aux contacts. Des années qu’il n’a pas touché le corps d’une femme, que l’adolescent pour prendre les corps, que le connard pour prendre sans réellement aimer. Elle. Elle qui n’a surement jamais eu la chance de se laisser emporter dans les bras d’un homme. Il ne peut pas être celui pour prendre la fragilité, pour toucher le corps fragile en premier.

Kelann, il suit le mouvement qu’elle impose, se retrouve sur le flanc et bifurque sur le dos parce qu’il ne supporte pas le regard au fond du sien, la promiscuité étouffante et prenant.« J’ai rêvé qu’il t’avait tué… Retrouver ton corps sans vie… c’est ce que je redoute le plus… à chaque fois qu’il t’emmène… J’veux pas qu’il t’arrive quelque chose. J’veux pas vivre sans toi. » Kelaan, il se contente de laisser les yeux filer au plafond pour ne pas supporter les siens, pour ne pas ancrer ses billes sombres dans ceux de sa sœur. « Pourtant j’essaie de penser à des choses positives avant de dormir… mais il gâche toujours tout. » Un semblant de sourire qui passe sur les lèvres alors qu’il vient passer sa main libre contre son visage pour terminer dans les cheveux sombre. Kelaan, il aimerait être apte à la rassurer, mais il ne trouve pas les mots qui pourraient la calmer. Ses rêves ne sont pas plus calmes que les siens, ils ne doivent pas être les seuls à être portés par les cauchemars et la noirceur. « Je comprends, je vis la même chose. Je préfère ne pas dormir, c’est plus simple.» Les quelques heures qu’il prend de temps en temps, mais rien contrairement à avant. Il n’aime pas les images qui se percutent au crâne, les idées qui filent dans la tête.

Lorsqu’elle s’empare de sa main, les muscles de son corps se tendent et la douleur se fait plus présente. Les plaies sont fraiches et le contact n’est pas des plus agréables. Il ne tente pas de défaire ses phalanges des siennes lorsqu’elle les bouge pour observer le carmin sur la peau. « C’est quoi.. ? » Les billes sombres qui se laissent poser sur les deux mains lier et il reprend le contrôle de la sienne. Rendre les contacts moins présents, ça risque de le rendre un peu moins tendu. Kelaan, il est sur le bord de la crise, sur le bord de s’emporter. À cause d’elle. À cause de ça. À cause de tout. Il se sent complètement impuissant et cette sensation le ronge. Il remonte ses bras sous sa tête et ferme les yeux pendant un moment, les idées qui défilent. Il doit se rapprocher du fou. C’est le seul moyen de sortir de cet enfer. Il ne la regarde pas, il n’ose pas. « C’est rien.» Une pause, il laisse le silence s’imposer avant de continuer. « Je veux que tu saches que peu importe ce qui se passe, ce qui peut arriver, je ferai tout pour te protéger.» Les yeux qu’il ouvre pour détailler le plafond, les yeux qui s’habituent à a noirceur dans laquelle ils sont plongés la majeure partie du temps.
Kelaan, il n’ose pas la toucher, il n’ose pas se rapprocher, ni la repousser. Cette impression que plus elle se rapproche, plus les envies se font percutantes. Il ne peut pas. Pas elle. Sa sœur. Il est là pour s’occuper d’elle, pour la protéger. Pas pour crever des envies qu’il ne devrait pas ressentir, c’est malsain, c’est dégoutant. « D’accord?» Il ose enfin tourner la tête pour s’assurer qu’elle a bien compris, pour s’assurer qu’elle écoute ce qu’il est en train de lui dire.

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Saíréann Ahearn
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MessageSujet: Re: (saíréann) alive Mer 27 Jan - 13:08


Now I feel a cold decay crawling over me
L’entendre dire qu’il ne la quittera pas l’apaise un peu plus. Saíréann ne se sent bien qu’à ses côtés, dans ses bras. Seule sa voix à le pouvoir de la guérir malgré les douleurs qui hantent son âme. Sans lui elle ne serait plus rien. Vivante mais morte au fond d’elle. Si la liberté leur est offerte un jour, Saíréann ne pourra que remercier celui qui l’a toujours aidée. Chaque mot, chaque caresse, elle se souvient de tout. Il est son ancre.

Pourtant, il lui est impossible de ne pas se réveiller en sursaute. Toutes ses nuits sont comblées par des cauchemars tous plus horribles les uns que les autres. Sa pire crainte y est souvent dépeinte. La mort de Kelaan. La blonde préfère cent fois être torturée que d’imaginer une vie sans lui. Alors lorsque c’est le cas, lorsque ses rêves s’amusent à lui faire connaître un moment aussi horrible, Saíréann craque un peu plus. Les larmes ne cessent de couler, son cœur frappe puissamment contre sa cage thoracique. Des maux calmés par ses caresses lorsqu’elle se réveille. Sa main contre sa joue est si chaude, signe qu’il est bel et bien vivant. « Je comprends, je vis la même chose. Je préfère ne pas dormir, c’est plus simple. » Evidemment que son frère fait aussi des cauchemars, ils en font certainement tous. Impossible d’y échapper après tant d’années. La plus jeune des Ahearn déteste l’idée qu’il souffre autant voire plus qu’elle. Mais il ne montre rien. Kelaan porte le poids de leurs maux à tous les deux. Elle s’en veut de lui faire subir ça mais elle ne peut pas faire autrement. « Je n’arrive par à rester éveillée, c’est trop difficile… » Après les tortures, les opérations, il lui est impossible de garder l’œil ouvert. Saíréann a beau lutter, Morphée l’emporte toujours avec elle.

Allongée sur le flanc, la blonde regarde le profil de son frère dans la pénombre. Il a tellement changé depuis tout ce temps. Ses traits se sont transformés mais il a gardé ce visage doux. Elle pourrait passer des heures à le fixer même si elle le connaît depuis bien longtemps par cœur. Chaque détail, cicatrice, grain de beauté, tâche de rousseur, elle saurait les placer avec exactitude. Saíréann déteste découvrir de nouvelles marques sur son corps et en découvrant les plaies sur ses phalanges, son inquiétude ne peut que grandir. Elle voit la douleur passer dans le fond de ses yeux mais aussi la gêne. Le contact brisé lui serre le cœur. Le voir fuir et cacher ses mains la blesse. Sensation désagréable qu’elle essaie d’étouffer pour mieux se concentrer sur lui. « C’est rien. » Mensonge. « Je veux que tu saches que peu importe ce qui se passe, ce qui peut arriver, je ferai tout pour te protéger. » Sourcils froncés, Saíréann se redresse un peu. Elle tente de comprendre ses mots mais l’attitude de Kelaan la perturbe un peu trop. Tout ce mal-être, elle déteste ça. Elle voudrait avoir assez de pouvoir sur lui pour absorber sa peine tout comme il peut le faire avec elle. « D’accord? » Lorsque leurs regards se croisent, Saíréann reste bête. « Oui… D’accord… » Jamais il n’avait été aussi énigmatique. « J’ai totalement confiance en toi Kelaan, tu le sais… » Aucun doucement à avoir là dessus. Les deux Ahearn se vouent une confiance hors normes. Pourtant, Saíréann est loin de s’imaginer ce que l’avenir lui réserve. Elle ne comprend pas. Pas encore.

« Tes cheveux sont longs… » La tête appuyée sur sa main, Saíréann surplombe le visage de Kelaan. De sa main libre elle vient dégager les boucles sales de son front. Ils sont dans un état lamentable. La petite salle de bain n’est pas très bien équipée, ils n’ont pas les produits sortis des magasins. Juste quelques savons. Le strict nécessaire. Mais parfois Saíréann n’a même pas envie de se laver. Juste rester allongée et ne plus bouger. « Tu crois qu’on peut avoir des ciseaux pour que je les coupe un peu ? » Prendre soin de lui, c’est la seule chose qui la maintient, qui lui donne le sourire. Ses doigts glissent dans la tignasse quelque peu emmêlée mais malgré tout, elle les trouve doux. Peut-être n’est-elle pas objective, mais elle s’en fiche. Faiblement, elle masse son crâne, puis caresse sa joue. « Moi aussi j’aimerais te protéger tu sais… être minuscule parfois ça craint… » tente-elle en lui souriant faiblement.

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Kelaan Ahearn
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MessageSujet: Re: (saíréann) alive Sam 6 Fév - 14:16

alive
i was born in a thunderstorm. i grew up overnight. i played alone. i'm playing on my own. i survived. i wanted everything i never had. like the love that comes with light. i wore envy and I hated that but I survived.

Rompre les contacts. C’est plus simple. Le temps passe et l’attirance se fait étouffante, prenante. La moindre caresse pour le rendre un peu plus fou, pour faire naître le dégout au fond de corps, parce qu’il c’est que ce n’est pas bien. Il sait qu’il n’a pas le droit. Sa famille. Sa seule famille. Personne d’autre.
Sa main, il la retire. Il n’a pas envie qu’elle s’inquiète pour lui. Il n’a pas envie de sentir sa main un peu plus longtemps contre la sienne. Il est le guide, celui qui prend soin d’elle, celui qui prend le mal et il tente de ne rien laisser paraître. Pas la peine qui ronge. Pas les maux qui torturent l’esprit. Le visage qui reste de marbre, pour qu’elle ne sache pas la peine, pour qu’elle ne sache pas à quel point il est détruit. « Je n’arrive par à rester éveillée, c’est trop difficile… » Il comprend. Ça n’a rien de facile. Malgré la peur qui les ronge, le sommeil finit par se faire présent, par imposer son pouvoir et les plonger dans les ténèbres de leurs cauchemars, dans les douleurs qui s’y imposent. La réalité qu’il fuit pour mieux s’y plonger, cette foutue réalité inventée par l’esprit qui vient chercher les peurs profondément ancrées. Pas de réponse. Qu’un faible sourire qu’il aborde, qu’un sourire qu’il force sur les lèvres alors que son esprit divague dans tous les sens. Foutre le camp. La laisser en plan pendant des mois pour la libérer. Il ne supporte pas l’idée, mais il n’a pas réellement d’autre choix.

« Oui… D’accord… J’ai totalement confiance en toi Kelaan, tu le sais… » Il veut qu’elle sache, parce qu’il se doute que cette confiance sera brisée. Qu’il risque de faire éclater le cœur sous la douleur, qu’il risque de lui faire du mal. Kelaan, il n’a pas la moindre idée de ce qu’il peut faire d’autre. La seule chose qui lui passe en tête. Des années enfermées, des années à tenter de trouver une façon de partir. Rien encore. Que les murs qu’il connait par cœur, que la peur qui ne le quitte jamais.
Elle s’approche. Les doigts dans ses cheveux qui lui arrachent un frisson. Cette envie de prendre le poignet, de la repousser et de lui envoyer valser la haine au visage. Elle risque de ne pas comprendre. Il ne peut pas lui expliquer. Il ne peut pas lui dire qu’elle fait vibrer la moindre parcelle de sa peau, qu’il crève de s’accapare de ses lèvres, de son corps. La petite perle. La princesse. La virginité sauvegardée et l’enfance brisée. Il ne bouge pas, se contente de laisser les billes sombres s’ancrer dans ceux de sa sœur, dans le bleu océan de ses yeux. Il sent la pression monter dans la moindre parcelle du corps. La promiscuité qui le rend fou. Elle qui ne cesse jamais les contacts, elle qui ne laisse jamais ses mans autre part qu’entre les siennes, que contre lui. Elle ne pense pas. Elle ne sait pas que ça le rend fou. Elle ne peut pas comprendre. Il n’a pas le droit.

« Tes cheveux sont longs…Tu crois qu’on peut avoir des ciseaux pour que je les coupe un peu ? » Un rire qu’il lâche. C’est plus fort que lui. Pas parce qu’il se moque d’elle, mais parce qu’ils ne peuvent rien faire, rien avoir. « Je ne pense pas non. On risquerait de se tuer pour échapper à cet enfer.» Elle se doute surement qu’il a raison. Certains ont tenté de s’enlever la vie sans réel succès.
Kelaan, il ferme les yeux. Il ne supporte pas de la regarder. Pas d’aussi près. Ça risque de déraper. Ça risque de mal se terminer. Il lutte contre les pulsions, il lutte contre tout ce qui l’obsède depuis quelque temps. Le contact dans ses cheveux. Les frissons qui passent sur sa peau. Il aurait envie d’inhaler les émotions, les sensations, mais il ne peut pas. « Moi aussi j’aimerais te protéger tu sais… être minuscule parfois ça craint… » - « T’en fais pas pour moi.» Qu’elle pense à sa survie, qu’elle pense à elle. Il n’a pas besoin d’aide. Pas de la sienne. Il a simplement besoin de savoir qu’elle va bien.

Le regard qui s’ouvre pour se fondre dans le sien. Elle devrait cesser de le tenter de la sorte. Elle ne se rend pas compte de l’effet qu’elle a sur lui. Plus la gamine, plus l’enfant. Une femme à ses yeux. Une femme qu’il doit protéger. Une femme qu’il ne doit pas salir de ses envies dégoutantes.
La rage au fond du torse, la symphonie immonde du cœur, les battements et le rythme qui s’impose.
La paume qui se pose contre la joue, la caresse de la main sur le visage et les doigts qui dessinent les lignes parfaites des traits, de la joue et la mâchoire. La main qui glisse au cou pour remonter et le pouce qui caresse les lèvres. Les tentantes. Celle qu’il a envie de goûter. Ça s’impose de plus en plus. Cette envie d’elle. Cette envie qu’elle soit sienne. Le manque des corps. Le manque de tout. Ce besoin de ne plus penser un moment. Ça serait plus simple de la repousser, de lui dire de le laisser en paix, de lui briser le cœur pour qu’elle cesse de le tenter, de l’attirer, de le rendre fou. Il n’y arrive pas. L’impression que sa paume brûle contre la peau, que le sang file à toute allure dans les veines, que le cœur fait entendre son immonde symphonie de cette attirance néfaste. Cette envie de tout dire, mais rien qui ne sort entre les lèvres, que la main qui ne part pas, que la main qu’il devrait retirer. Le sommeil qui affecte sa façon de résister, sa façon de penser. Le contour de la lèvre du bas qu’il a dessiné. Une limite franchie. Une limite trop grande. La première fois que son geste se fait doux, tendre, empreint d’une envie qu’il ne contrôle pas.
Il ne faut pas.

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Saíréann Ahearn
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MessageSujet: Re: (saíréann) alive Mar 9 Fév - 21:45


Now I feel a cold decay crawling over me
C’est dur. Tellement dur d’être enfermée et ne rien pouvoir y faire. Subir les châtiments corporels, voir les cicatrices sur la peau de son frère, entendre les cris des autres lorsqu’ils souffrent trop. Elle aimerait s’évader. Partir loin d’ici. Découvrir la vie extérieure. Elle en crève. Même ses songes ne lui permettent pas de trouver l’apaisement. Impossible d’avoir une seule minute de répit dans cet enfer. Kelaan paraît tellement fort mais elle sait qu’il a mal lui aussi. Il a beau être fort, garder la tête haute, personne ne peut encaisser sans flancher. Quelque part ça lui fait peur, elle aimerait qu’il s’ouvre, qu’il explose et laisse échapper la rage qu’il doit contenir en lui. Jamais elle ne le voit pleurer. Plus le temps passe, plus l’espoir s’envole. Et s’ils étaient condamnés à mourir ici ? Et si jamais plus elle ne revoyait le soleil ? Et si Kelaan n’avait jamais le droit au bonheur ? N’ont-ils pas assez souffert par le passé ? Tant que questions qui la font paniquer. Le bout du tunnel semble si loin, complètement inaccessible.

Alors elle profite de lui tant qu’elle peut. Elle le touche, elle respire son odeur. Sa peau n’est pas si douce, ses cheveux sont mêmes plutôt rêches, mais elle les adore. Saíréann adore tout de lui. Sentir sa peau chaude, entendre sa respiration, croiser son regard sont tant de preuves qu’il est encore en vie et près d’elle. Les années passent et ce besoin ce fait de plus en plus puissant. Il lui faut ce contact. Même le plus bref. Elle ne peut tenir sans.

S’occuper de Kelaan est tout ce qu’il lui reste. Elle ne supporte pas que cet homme le touche. « Je ne pense pas non. On risquerait de se tuer pour échapper à cet enfer. » Bien sûr cette idée lui a souvent effleuré l’esprit. « Je préfère rester dans cet enfer si ça veut dire être avec toi. » La mort terrifie la jeune femme. Etre séparée de Kelaan n’est pas quelque chose qu’elle envisage. Bien sûr la douleur partirait mais qu’obtiendraient-ils ? Le néant ? Saíréann s’accroche juste à son frère. « J’aime pas que ça soit lui qui te le fasse, j’voudrais le faire moi… » Jalouse, Saíréann voudrait s’occuper de lui sans que personne ne s’immisce entre eux. Mais Kelaan a raison, leur bourreau ne peut se risquer à leur confier des ciseaux. Alors il leur coupe lui même les cheveux. Pour les filles, il se contente de leur donner de nouvelles brosses régulièrement. Malgré ça, ses cheveux à elle s’emmêlent facilement mais elle s’en fiche. A quoi bon avoir de jolis cheveux ici ?

« T’en fais pas pour moi« impossible. » Jamais elle ne cessera de s’en faire pour lui. Jamais. Impossible de l’abandonner, de le faire passer en second. Non, il est tout ce qu’elle a.

Un sourire tendre se dessine sur ses lèvres en sentant la main de Kelaan caresser sa joue. Sa douceur l’apaise, ses doigts la réchauffent. Au moindre contact, Saíréann se sent bien. Une douce chaleur l’enveloppe et lui permette d’oublier leur enfer. Ses gestes ne la choquent pas. Non, elle en a besoin. Et lorsqu’il aventure ses doigts sur ses lèvres Saíréann se contente de sourire doucement s’imprégnant de chaque caresse. Le regard rivé dans celui de Kelaan, elle embrasse doucement son doigt. Tendrement. Elle ne veut pas qu’il bouge. Sa main lui fait tellement de bien alors doucement, très doucement elle remonte la sienne pour en frôler le dos. Sans savoir pourquoi, la jeune femme a peur qu’il la retire. Sensation étrange. Ses doigts glissent le long de son avant bras pour se glisser sur son épaule puis dans sa nuque. Ses longs cheveux se retrouvent bien vite entortillés dans sa main alors que son regard ne lâche pas celui de Kelaan. Ils sont dans leur bulle. Rien qu’à eux. Alors lentement elle s’approche un peu plus. Elle est comme ça Saíréann. Elle a besoin de plus. Toujours plus. Alors son front se colle à celui de son frère et ses lèvres embrassent sa joue. Longuement. Sa jambe se faufile au dessus des siennes cherchant encore plus de contact. Pour elle tout est naturel. Si elle pouvait elle se fondrait en lui. « Je t’aime Kelaan… Si tu savais à quel point… » murmure-t-elle contre sa joue. Jamais elle n’a éprouvé de telles choses pour quelqu’un. Il est tout. Il est sa vie. Et pour elle, le mot verbe aimer n’est même pas suffisant pour décrire à quel point elle est attachée à lui. Elle n’a aucune envie de se détacher de lui. Peut-être pourrait-elle s’endormir tout contre lui et ne pas faire de cauchemar. A chaque fois elle l’espère, à chaque fois elle y croit. Pourtant, ses démons la rattrapent bien vite. Alors elle reste éveillée. Elle continue d’embrasser sa joue, de jouer avec ses cheveux et d’écouter sa respiration. Ça presque comme un rêve au fond.

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we're broken, you and I.
she's broken and she doesn't know how to fix herself. but she wonders if he's willing to take the broken pieces of her and hold them in his hands. she wonders if it's enough. she just has to trust that he’ll stay there, that he’ll take the fragile pieces and guard them. byfantasy
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